Programme Build Peace 2016-2017

Le programme Build Peace de 2016-2017 a permis d’accompagner 3 équipes basées en Birmanie, en Bosnie et au Pakistan. Le programme a été financé par PeaceNexus.

Diana Dajer

Avocate colombienne spécialisée en droit administratif, Diana est également doctorante en études socio-légales à l’université d’Oxford. Ses recherches tournent autour de l’interaction entre participation citoyenne, technologie et consolidation de la paix en Colombie, avec la budgétisation participative comme étude de cas.

Durant le programme Build Peace, Diana a créé une plateforme internet intitulée “Nuestro Desarrollo” (“Notre Développement”), disséminant de l’information sur le processus de budgétisation participative piloté par la mairie de Medellín. En effet, les accords signés dans le cadre du processus de paix colombien entre le gouvernement et le mouvement de guérilla des FARC mettent l’accent sur la construction de la paix à l’échelle locale, à travers la participation citoyenne dont la budgétisation participative est une composante. Diana collabore ainsi avec le conseil municipal de Medellín pour piloter des outils de budgétisation participative, dans l’objectif de faciliter la réconciliation et de renforcer la démocratie au sein du processus de consolidation de la paix colombien.

“ Ces derniers mois ont été particulièrement complexes pour les initiatives participatives de consolidation de la paix en Colombie, mais ce projet m’a permis d’adopter une approche critique et de long-terme dans ma compréhension de la situation, et m’a encouragé à trouver de nouvelles approches spécifiques aux contextes, pertinentes, et capable d’enrayer la polarisation pour consolider la cohésion sociale. De plus, le projet étant réalisé dans le cadre de recherches académiques, il influence également le cadre des débats universitaires sur le sujet. ”

Jean Marie Ndihokubwayo

Jean-Marie est auteur, réalisateur, producteur et chercheur audiovisuel au CENAP (Centre d’Alerte et de Prévention des Conflits), une organisation burundaise de consolidation de la paix. Il est également partenaire d’Interpeace. En 2009, Jean-Marie créait son entreprise « Netty Communications”, qui a produit plusieurs films parmi lesquels “Taxi Love” et “Le Rencard », vainqueurs à eux deux de 6 récompenses. Récemment, il a co-réalisé, avec Pascal Capitolin, “I Mashoka” second film burundais reconnu internationalement.

Actuellement, le CENAP tente de mettre en œuvre des méthodes mixtes d’action participative et de recherche sur la vision de la jeunesse burundaise du futur du pays. Ces méthodes mêlent recherches qualitatives (groupes de discussions) et quantitatives (sondages) pour faciliter des processus de dialogue sur les sujets relevés par ces recherches. Durant le programme Build Peace, Jean-Marie a créé un outil d’analyse participative en ligne pour disséminer les données issues de l’étude quantitative menée par le CENAP sur les aspirations pour le futur de la jeunesse burundaise. L’outil est actuellement accessible en tant que plateforme Internet protégée par mot de passe, contenant l’ensemble des données de l’étude assorties de visualisations.

“ Maintenant, mon organisation a pris conscience du potentiel que peut représenter la technologie. Surtout, mes collègues ont compris que notre objectif d’aider différents acteurs à participer au dialogue et à s’y impliquer peut être plus efficacement atteint avec l’aide d’outils numériques. Ils ont aussi pu comprendre que la mise en place d’un outil technologique est un processus à part entière. ”

Maude Morrison

Maude a dirigé le programme d’alerte précoce et de réponse précoce (Early Warning Early Response (EWER)) pour le Centre pour la Diversité et l’Harmonie Nationale (CDHN), une ONG locale travaillant à la réduction des conflits communaux et à la promotion de l’harmonie sociale. Elle détient une licence de l’Université d’Oxford et un master de la Johns Hopkins School of Advanced International Studies (SAIS).

L’équipe du CDHN suit actuellement les rumeurs de violence communale manuellement, à partir d’un réseau d’environ 100 informateurs locaux qu’elle appelle régulièrement. Durant le programme Build Peace, Maude a créé une application mobile (pour Android) permettant de suivre les rumeurs de conflits. L’application est pleinement fonctionnelle et actuellement disponible uniquement pour les membres du réseau local du CDHN. A la différence d’autres applications de reporting, celle-ci invite les utilisateurs à consulter les autres rumeurs reportées dans leur région avant d’en signaler une nouvelle, évitant ainsi la duplication d’efforts et encourageant les utilisateurs à s’entraider et se partager des informations.

Dans une évaluation précoce du projet pilote, l’un des participants écrivait : « Lorsque je rapporte des informations ou en analyse sur l’application, je me sens comme un vrai peacemaker. » Un autre écrivait alors : « Quand j’utilise l’application, j’ai l’impression de faire de la consolidation de la paix pour la Birmanie. » L’enthousiasme était au rendez-vous, l’outil étant considéré comme un vecteur à part entière de la consolidation de la paix, capable d’autonomiser ses utilisateurs et de les rassembler au sein d’un mouvement plus large.